
Après un grand changement de vie : pourquoi se sent-on perdu ?

Bérengère Des Grottes
Psychopraticienne en Gestalt Thérapie · Bazas (33)
Quand les repères bougent, le flottement s'installe
Vous vous réveillez dans un logement qui n'est pas encore le vôtre, ou dans une maison soudain trop silencieuse. Les journées s'enchaînent, mais quelque chose manque : une direction, un rythme, parfois même l'envie de savoir ce que vous voulez. Ce sentiment de flottement, beaucoup de personnes le décrivent après un grand changement.
Des situations différentes, un vécu proche
- Une séparation : le quotidien à deux disparaît, et avec lui des habitudes, des projets, une façon de se définir.
- Un déménagement : les lieux familiers, les trajets et les visages connus ne sont plus là.
- Le départ des enfants : le rôle de parent au quotidien se transforme, et les journées n'ont plus la même forme.
- Un changement de poste : les repères professionnels, les collègues et la place que vous occupiez se réorganisent.
Même un changement choisi, ou attendu depuis longtemps, peut déstabiliser. Il n'y a pas de « bonne » manière de le vivre.
Ce que nous observons en cabinet
Nous ne pouvons pas désigner une cause unique à ce flottement. Nous constatons en revanche des expériences qui reviennent souvent :
- une fatigue qui semble disproportionnée ;
- une difficulté à décider, même pour des choses simples ;
- des émotions contradictoires, comme du soulagement mêlé de tristesse ;
- l'impression de ne plus vraiment se reconnaître.
Nos repères (lieux, personnes, rôles, routines) servent d'appui sans que nous y pensions. Quand ils changent, il peut s'écouler un temps avant que de nouveaux apparaissent.
Entre l'ancien et le nouveau, il existe un espace qui n'a pas encore de nom. Il n'est pas forcément vide : il peut être en train de se former.
La Gestalt-thérapie : écouter ce qui est là, maintenant
En Gestalt-thérapie, nous portons une attention particulière à ce que vous vivez dans l'instant : vos sensations, vos émotions, vos besoins, vos envies, et la manière dont vous êtes en contact avec vous-même et avec ce qui vous entoure.
Face à un bouleversement, l'élan naturel est souvent de chercher tout de suite ce qu'il faut faire. Nous proposons d'abord de remarquer ce qui se passe. Certaines personnes trouvent que mettre des mots sur leur ressenti peut contribuer à y voir plus clair, à leur rythme.
En séance, nous ne vous donnons pas de réponse toute faite. Nous vous accompagnons pour observer ce qui se manifeste, sans le juger ni le brusquer.
Un exercice à essayer chez vous : le point d'ancrage (4 minutes)
Cet exercice est une simple exploration, il ne remplace pas un accompagnement.
- Installez-vous assis, pieds à plat sur le sol, mains posées sur les cuisses. Faites 3 respirations lentes : environ 4 secondes d'inspiration, 6 secondes d'expiration.
- Pendant 60 secondes, parcourez votre corps de la tête aux pieds. Repérez simplement les zones tendues, chaudes, lourdes ou détendues, sans chercher à les changer.
- Pendant 60 secondes, demandez-vous : « Qu'est-ce que je ressens, là, maintenant ? » Un mot ou deux suffisent, sans chercher à expliquer.
- Complétez 3 fois, à voix haute ou par écrit : « En ce moment, je remarque que… »
- Terminez 30 secondes en regardant la pièce et en nommant 3 objets que vous voyez.
Vous pouvez le répéter une fois par jour pendant une semaine si cela vous convient. Si une émotion devient trop intense, arrêtez-vous et envisagez d'en parler à un professionnel de santé qualifié.
Quand consulter ?
Un temps de flottement après un grand changement peut être une réaction fréquente. Il peut toutefois être utile de consulter un professionnel lorsque :
- ce sentiment dure et ne s'allège pas avec le temps ;
- vous avez du mal à dormir, à vous alimenter ou à effectuer vos activités quotidiennes ;
- vous vous isolez ou vous n'avez plus envie de voir vos proches ;
- vous vous sentez submergé par la tristesse, l'angoisse ou la colère ;
- vous avez l'impression de tourner en rond sans trouver d'issue.
Si vous éprouvez une souffrance importante, parlez-en rapidement à votre médecin ou à un professionnel de santé. En cas de pensées de mort ou de danger immédiat, appelez le 15 ou le 3114, numéro national de prévention du suicide, joignable 24h/24.
À Bazas, nous vous accueillons en Gestalt-thérapie pour un espace d'écoute où prendre le temps de comprendre ce que vous traversez. Si vous vous reconnaissez dans ces lignes, vous pouvez nous contacter : un premier échange permet de voir si cet accompagnement vous correspond.